Thomson Reuters marque un tournant dans le domaine de l’intelligence artificielle en dévoilant son propre modèle de langage, baptisé « Thomson ». Cette innovation, annoncée lundi 24 août, repose sur des décennies de contenu exclusif issu de plateformes comme Westlaw, Practical Law, Checkpoint et Reuters. Contrairement aux modèles frontaliers classiques, Thomson est entièrement maîtrisé par l’entreprise, évitant ainsi les coûts d’inférence habituels.
L’originalité de Thomson réside dans son entraînement sur des données propriétaires et une expertise sectorielle unique. Le modèle a été conçu pour répondre aux besoins des professionnels soumis à des obligations de diligence et de responsabilité. Thomson Reuters souligne qu’aucune donnée client n’est utilisée pour l’entraînement sans consentement explicite.
Steve Hasker, CEO de Thomson Reuters, a exprimé sa fierté face à cette réalisation : « Thomson démontre ce qui est possible lorsqu’on construit une IA sur des décennies de contenu exclusif et d’expertise éditoriale. » Les premières évaluations placent Thomson au même niveau que les modèles frontaliers les plus récents dans divers domaines.
Joel Hron, Chief Technology Officer, a ajouté : « Nous prouvons qu’il existe une alternative aux modèles toujours plus gros et coûteux. En partant d’une base solide et en la spécialisant profondément, on peut créer une intelligence hautement capable, efficace et entièrement contrôlée. »
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique. En mars 2024, Hasker avait annoncé un investissement de 8 milliards de dollars dans l’IA et une expansion dans les services professionnels pilotés par l’intelligence artificielle. Depuis deux ans, Thomson Reuters est passé du statut de fournisseur de contenu à celui d’entreprise technologique « pilotée par le contenu ».
En juin 2025, l’entreprise a lancé CoCounsel, une plateforme d’IA destinée à automatiser des workflows complexes. Intégrée aux applications professionnelles, elle permet de planifier, raisonner et agir tout en conservant des traçabilités et contrôles stricts. D’ici février, CoCounsel avait déjà été adopté par un million de professionnels dans 107 pays.
Thomson Reuters prévoit d’étendre les capacités de Thomson, notamment dans les domaines juridique et fiscal. Cette avancée pourrait bien redéfinir l’économie de l’IA professionnelle.