Les entreprises africaines investissent massivement dans l’IA, mais leurs infrastructures vieillissantes freinent l’adoption. Une étude conjointe de Google et du MIT révèle que 98% des sociétés interrogées utilisent déjà ou prévoient d’utiliser des agents IA. Pourtant, les silos de données et l’absence de contexte ralentissent ces projets.

Un problème structurel

Les architectures actuelles, conçues pour les humains, ne répondent pas aux besoins des systèmes autonomes. Cloudera rapporte que 95% des architectes interrogés ont dû reporter ou annuler des projets d’IA au cours de l’année écoulée. Les principaux obstacles identifiés sont la gouvernance des données, les problèmes de conformité et l’absence d’intégration entre les systèmes.

Les entreprises africaines, en pleine transformation numérique, sont particulièrement touchées. Les systèmes hérités, souvent fragmentés entre départements, empêchent l’accès en temps réel aux données critiques. Plus de la moitié des répondants à l’enquête Google/MIT signalent que ces silos ont un impact négatif significatif sur le retour sur investissement de leurs solutions IA.

Les défis techniques

Plusieurs facteurs expliquent ces difficultés. Premièrement, les données sont souvent enfermées dans des silos départementaux ou stockées dans des formats obsolètes. Deuxièmement, les systèmes batch traditionnels ne permettent pas un traitement en temps réel. Enfin, le manque de contexte sémantique empêche les agents d’établir des connexions pertinentes entre les données.

Pour réussir leur transition, les entreprises doivent repenser complètement leurs architectures. Les ‘data leaders’ - ceux qui donnent accès à plus de 70% de leurs données aux systèmes IA - obtiennent des résultats bien supérieurs. Ces entreprises rapportent une précision et une pertinence constantes dans les décisions automatisées, contre seulement 22% pour les ‘data laggards’.

Vers une nouvelle infrastructure

Les applications actuelles des agents IA se concentrent sur la gestion de l’expérience client, la cybersécurité et les opérations IT. À moyen terme, ces technologies devraient s’étendre aux fonctions RH, financières et logistiques.

Pour y parvenir, les entreprises doivent prioriser plusieurs initiatives. D’abord, améliorer l’accès aux données structurées et non structurées. Ensuite, mettre en place des principes de gouvernance clairs. Enfin, connecter ces informations aux systèmes IA pour permettre une prise de décision en temps réel.

L’Afrique, avec son adoption rapide des technologies mobiles et sa jeunesse numérique, pourrait tirer un avantage compétitif de cette transition. Mais pour cela, les entreprises devront investir massivement dans des infrastructures adaptées aux besoins de l’IA.