Les systèmes ERP, colonne vertébrale de la finance d’entreprise, montrent leurs limites. Les entreprises du middle market, générant entre 1 et 50 millions de revenus, sont prises en étau : trop grandes pour les logiciels comptables basiques, mais pas assez pour les ERP complets. Résultat ? Une croissance à deux vitesses où l’infrastructure peine à suivre.
Les données d’avril 2026 de PYMNTS Intelligence, en collaboration avec i2c, révèlent un constat sans appel : 43 % seulement des entreprises en forte croissance estiment leurs outils adaptés à leur taille, contre 75 % de leurs homologues établis. Les pénuries de trésorerie quotidiennes ou hebdomadaires touchent ces entreprises quatre fois plus souvent, faute d’outils de prévision et de systèmes intégrés.
Une solution modulaire pour une croissance sans heurts
Face à ce constat, les FinTechs innovent avec des solutions modulaires et API-first. CoPlane, qui a levé 14 millions de dollars, développe des logiciels natifs en IA pour automatiser la gestion des factures et des commandes. De son côté, DualEntry a récolté 100 millions de dollars pour un ERP natif en IA capable d’automatiser 90 % des tâches financières manuelles.
Cette approche « composable » permet aux entreprises d’ajouter progressivement des fonctionnalités sans tout remplacer. Les solutions sont conçues pour s’intégrer aux systèmes existants, réduire les interventions manuelles et s’adapter à la croissance.
Le pré-ERP : une nouvelle couche financière
Entre les outils pour TPE et les ERP complets, émerge un nouveau segment : le « pré-ERP ». Ces solutions combinent modularité, interopérabilité et gains opérationnels immédiats. Elles sont API-first, compatibles avec les plateformes de paiement et de comptabilité, et intégrent l’IA pour automatiser la réconciliation ou les approbations.
Même les géants s’adaptent. La collaboration entre Visa et KNEX pour intégrer des cartes virtuelles dans les ERP Oracle montre cette tendance : moderniser des workflows spécifiques sans tout bouleverser.
Un marché prometteur pour les FinTechs
Pour les entreprises en croissance, cette approche offre une solution pragmatique. Plutôt que d’attendre un ERP complet, elles peuvent assembler un stack financier répondant à leurs besoins immédiats.
Pour les FinTechs, l’enjeu est de taille. Le middle market représente un vivier d’entreprises en passe de franchir le seuil des 50 millions de revenus. Celles qui s’imposeront comme la couche opérationnelle de cette transition pourraient bien s’assurer une position durable dans l’écosystème financier.