L’intelligence artificielle commence à prouver son utilité dans la réduction des dépenses informatiques, mais les économies réelles dépendent des cas d’usage.
Alors que de nombreux responsables IT peinent encore à justifier l’investissement dans les agents IA, certains secteurs émergent comme des valeurs sûres pour réaliser des économies tangibles. Rhonda Baldwin, directrice des systèmes d’information chez LaunchDarkly, explique que les agents de codage et ceux du service desk permettent à l’éditeur SaaS de réduire ses coûts IT. « Les agents de codage augmentent la capacité d’ingénierie sans nécessiter une augmentation proportionnelle des effectifs », précise-t-elle. Ils aident également à optimiser les coûts cloud et à réduire les dépenses liées aux workflows.
Des économies concrètes dans le codage et le support IT
Au-delà du codage, les agents se révèlent efficaces pour le support IT de niveau 1 et 2. Baldwin souligne que les agents ont permis à son entreprise d’éviter des dépenses importantes : environ 1 million de dollars sur deux projets d’optimisation et 120 000 dollars en développant sa propre solution de gestion des actifs. Par ailleurs, l’utilisation d’agents IA pour le support IT de niveau 1 a généré des économies annuelles de 50 000 dollars. « Cela améliore la productivité des employés tout en évitant les coûts liés aux logiciels, à l’implantation, à la gestion des actifs et aux techniciens à distance », ajoute-t-elle.
Gil Pekelman, PDG d’Atera, fournisseur de solutions d’agents IA, confirme que le support IT est un cas d’usage prometteur. Son entreprise a publié une étude conjointe avec Forrester mettant en avant un retour sur investissement significatif pour son agent de support des incidents IT. « Le calcul est simple : une entreprise avec 10 000 employés qui externalise son support IT peut mesurer immédiatement les économies en fermant ce service », explique-t-il.
Kevin Rooney, directeur des systèmes d’information chez West Monroe Partners, rapporte des économies substantielles grâce à un agent interne de support IT et RH. Les employés peuvent désormais poser des questions courantes, demander l’accès à des logiciels ou réinitialiser leurs mots de passe via Teams ou Slack. « En gérant les demandes à fort volume et en améliorant la prise en charge des tickets, cela permet à notre équipe IT de se concentrer sur des problèmes complexes et à plus forte valeur ajoutée », indique-t-il. Cette solution a réduit de 40 % les coûts annuels des prestataires de services gérés et économisé environ 2 700 heures de temps opérationnel par an.
L’optimisation cloud, un autre terrain d’économies
Matthew Wallace, cofondateur et directeur technique de KamiwazaAI, souligne que les agents IA permettent également des économies importantes dans le cloud. Sa plateforme d’orchestration utilise des agents pour le développement logiciel, la gestion de projet, la science des données et l’ingénierie système. « Nous avons un ensemble d’agents qui surveillent les nouveaux systèmes cloud, coordonnent leur mise en service et gèrent les approbations budgétaires », précise-t-il. Ce système a remplacé une fonction nécessitant une coordination humaine importante.
La première vague d’agents déployés par Wallace a réduit les dépenses cloud de 70 % immédiatement. « Il faut vérifier qui a configuré le système, quand, quel est le coût, s’il y a une approbation interne, et divers détails sur la taille des ressources », explique-t-il.
Attention aux économies surévaluées
Jeet Pattanaik, fondateur et directeur technique de Glokal AI, met en garde contre les économies surévaluées. Selon lui, certaines organisations ne mesurent pas tous les coûts liés aux agents IA. « Le pilote semble toujours prometteur car il traite des tickets simples », souligne-t-il. « En production, les cas complexes apparaissent et quelqu’un doit vérifier ce que l’agent a fait. Ces vérifications grèvent les économies, mais ne sont presque jamais incluses dans le business case. »
Pattanaik identifie le support de niveau 1 comme le domaine où les organisations réalisent des économies significatives. « Le point fort, ce sont les tâches à haut volume, bien documentées et peu coûteuses à corriger en cas d’erreur de l’agent », conclut-il.