L’intelligence artificielle a pris une place centrale dans les entreprises, avec 88 % des organisations l’ayant adoptée en 2025, dont 70 % pour des applications génératives. Pourtant, malgré cette maturité naissante, les retards dans les interactions avec ces systèmes menacent leur adoption. Les entreprises évoluent désormais dans des environnements multi-cloud répartis à travers le monde, où chaque saut de réseau, surtout via Internet public, augmente la latence. Ces retards, multipliés par des millions de requêtes, freinent toute l’organisation.

Un récent sondage Censuswide pour DE-CIX révèle que les équipes IT aux États-Unis et au Royaume-Uni passent en moyenne 11,5 heures par semaine à résoudre des problèmes de connectivité cloud. Cette « taxe cachée sur la productivité » explique pourquoi seulement 39 % des entreprises peuvent attribuer un impact financier mesurable à l’IA, avec la plupart enregistrant moins de 5 % d’EBIT.

Prenons l’exemple d’un employé demandant à un assistant IA de résumer un document. L’application doit vérifier l’identité, localiser les données, les envoyer à un modèle dans un autre cloud, puis retourner la réponse. Si une connexion est lente ou instable, le retard se répercute jusqu’à l’utilisateur. Les ingénieurs, au lieu d’améliorer les services, passent leur temps à tracer des routes et résoudre des pannes intermittentes.

Le paradoxe est frappant : 96 % des entreprises affirment que leurs réseaux sont prêts pour les projets cloud et IA, alors qu’elles perdent plus d’une journée par semaine en dépannage. La performance de l’IA et celle du réseau sont indissociables. Un modèle de pointe sera inefficace si les données transitent par des routes congestionnées.

Les leaders IT commencent à comprendre l’importance cruciale du réseau, bien qu’ils surestiment souvent sa préparation. La latence inter-cloud, les vulnérabilités de sécurité comme les attaques DDoS, et les problèmes de disponibilité deviennent des enjeux majeurs.

L’IA ne peut atteindre son plein potentiel que si les infrastructures réseau suivent. Les entreprises doivent repenser leur approche pour garantir des interactions fluides et sans délai, où le réseau n’est plus un goulet d’étranglement, mais un accélérateur de performance.