Les coûts cachés des systèmes obsolètes
Dans le secteur bancaire, les infrastructures héritées continuent de fonctionner, mais à quel prix ? Julian Farley, directeur des ventes pour l’UK et l’EU chez BPC, soulève une question cruciale : un système déprécié mais nécessitant des experts rares et des correctifs manuels est-il vraiment économique ?
Les banques reportent souvent le remplacement de leurs systèmes légacy, car ceux-ci assurent encore le traitement des transactions et la gestion des guichets automatiques. Pourtant, « fonctionnel » ne signifie pas « adapté aux besoins actuels ». Dans le domaine des paiements, cette distinction devient un enjeu comptable majeur. Les infrastructures obsolètes absorbent les budgets de changement, ralentissent les lancements de produits et transforment les mises à jour réglementaires en projets d’ingénierie sur mesure. Le coût réel dépasse souvent la facture de maintenance.
Des pertes financières et opérationnelles
Un émetteur moyen traitant 10 millions de tentatives de débit par mois peut perdre jusqu’à 50 000 transactions légitimes par mois en raison de rejets évitables. Avec une valeur moyenne de transaction de 30 dollars, cela représente 1,5 million de dollars de dépenses approuvées perdues chaque mois. Pour un émetteur européen, les pertes annuelles de revenus d’interchange peuvent atteindre environ 42 000 dollars, sans compter la frustration des clients ou les coûts de support.
L’Europe a été rappelée à plusieurs reprises que la résilience technologique n’est pas une théorie. Entre janvier 2023 et février 2025, le Comité du Trésor britannique a recensé 158 pannes informatiques bancaires totalisant plus de 803 heures. Barclays a subi une panne où 56 % des paiements en ligne ont échoué, avec des coûts de compensation estimés entre 5 et 7,5 millions de livres. En février 2025, les services TARGET de la BCE ont connu une grave défaillance due à un échec du matériel de stockage, suspendant le traitement des paiements pendant plusieurs heures. Bien que toutes les pannes ne soient pas liées aux systèmes légacy, la BCE avertit que ces systèmes posent des risques inhérents à la résilience opérationnelle.
La modernisation comme solution
Les plateformes modulaires, basées sur des API et en temps réel, permettent de mettre à jour les composants indépendamment. Elles facilitent l’intégration avec les portefeuilles, les rails de paiement instantané et les canaux numériques. Plutôt que de modifier répétivement des interfaces vieillissantes, les institutions peuvent configurer des produits, exposer des API standard et ajouter des services comme les cartes virtuelles ou l’authentification sans toucher au cœur du système.
BPC SmartVista incarne cette approche. Son architecture ouverte accueille différents moteurs de machine learning et modèles d’IA tiers, permettant l’introduction de nouveaux services sans reconstruire la plateforme. Elle offre également une liberté de déploiement sur AWS, Oracle Cloud, Azure ou des environnements privés, avec des mises à jour sans interruption de service.
Des migrations réussies en Europe
En Lituanie, Artea Bank a migré vers un environnement cloud-native SaaS supportant les produits Mastercard, Apple Pay et Google Pay. En Roumanie, Banca Transilvania a remplacé son infrastructure de gestion des cartes, maintenant plus de 8 millions de cartes. En Bulgarie, DSK Bank a migré plus de 3 millions de comptes sans interruption, tout en réduisant les coûts liés aux fraudes.
La modernisation des systèmes de paiement n’est plus une option, mais une nécessité économique et opérationnelle. Les banques qui investissent dans des solutions modernes non seulement réduisent leurs coûts, mais ouvrent aussi la voie à de nouvelles opportunités de revenus et à une meilleure expérience client.