Le Nigeria vise zéro transaction échouée d’ici 2028, mais un facteur clé est ignoré : l’électricité.

Dans une enquête récente sur les échecs de transactions financières au Nigeria, un développeur fintech a glissé une remarque cruciale : l’infrastructure électrique défaillante du pays aggrave les problèmes. Pourtant, sur 40 professionnels interrogés, seul ce développeur a mentionné le sujet. Les autres ont listé des causes comme les systèmes bancaires obsolètes, les réseaux télécoms saturés ou l’absence de normes API. L’électricité stable ? Absente des réponses.

Un problème ancien devenu invisible

La crise énergétique nigériane n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, les coupures de courant sont une réalité quotidienne, au point que les groupes électrogènes sont devenus des équipements indispensables, aussi banals que la climatisation. Ce qui était autrefois une solution temporaire est devenu une norme, intégrée dans les budgets des entreprises comme une dépense fixe. Cette normalisation explique pourquoi les professionnels des paiements ne l’évoquent plus spontanément.

Les autres causes, plus récentes, semblent plus solubles

Les infrastructures pointées du doigt dans l’enquête sont relativement jeunes. Le système NIBSS de transfert instantané date de 2011, les réseaux télécoms modernes ont moins de 15 ans, et les plateformes bancaires digitales sont encore plus récentes. Ces éléments, parce qu’ils sont nouveaux, donnent l’impression qu’avec des investissements ciblés, leurs problèmes pourraient être résolus.

Le débat se concentre ailleurs

Parmi les répondants, 16 ont cité NIBSS et la saturation des commutateurs comme principale cause d’échecs, suivis par les pannes bancaires et les coupures télécoms. Un développeur a souligné le retard du Nigeria par rapport aux systèmes de paiement instantané occidentaux, sans toutefois lier ce retard à la stabilité électrique. Les journalistes interrogés ont plutôt pointé les télécoms, estimant que des investissements soutenus pourraient résoudre ces problèmes.

L’électricité, parent pauvre des discussions

Pourtant, une panne de groupe électrogène dans un data center bancaire ou une station télécom produit le même résultat : une transaction échouée. La différence ? Seules les pannes télécoms sont encore perçues comme des incidents exceptionnels, alors que l’électricité défaillante est devenue une condition permanente. C’est cette normalisation qui en fait un sujet oublié des débats sur l’infrastructure financière.

Conclusion : Pour atteindre zéro transaction échouée, le Nigeria doit repenser son approche de l’électricité comme infrastructure critique des paiements.