Dans un paysage financier en pleine mutation, l’intelligence transactionnelle émerge comme le prochain grand défi pour les systèmes de paiement. Mike Magennis, directeur senior de la stratégie chez FIS, voit dans cette technologie le premier choix incontournable pour transformer l’écosystème des paiements d’ici 2027.
L’enjeu dépasse la simple automatisation des transactions. Il s’agit de rendre toute la chaîne de valeur des paiements intelligible pour les machines. Les agents intelligents devront non seulement valider une méthode de paiement, mais choisir celle qui offre le meilleur résultat pour le consommateur. Cela implique d’intégrer des critères complexes : récompenses, offres disponibles, éligibilité, risque et contexte de l’achat.
FIS mise particulièrement sur les offres au niveau transactionnel et l’intelligence des articles. Ces innovations permettent de présenter des promotions en temps réel, là où le consommateur effectue son achat. Le problème actuel n’est pas un manque d’offres, mais leur inadéquation avec le moment et les besoins réels du consommateur.
Cependant, l’autonomie totale des agents intelligents dans les achats reste à prouver. Magennis préconise une approche progressive, avec des cas d’usage limités et clairement définis. La confiance des consommateurs doit se construire progressivement, avec des limites de dépenses claires et une responsabilité bien établie.
FIS a déjà lancé Smart Basket, un outil visant à simplifier la redemption des offres et à attribuer clairement leur valeur aux achats. L’objectif est de réduire les étapes superflues et d’améliorer l’expérience consommateur.
Pour Magennis, l’IA ne doit pas être un simple effet de mode. Les investissements doivent démontrer des résultats concrets. À moyen terme, l’ambition est claire : enrichir le traitement des paiements d’une couche d’intelligence capable de guider les choix des agents intelligents.
Le succès dépendra de la capacité du secteur à fournir les informations nécessaires, tout en garantissant sécurité et responsabilité. Les paiements de demain pourraient bien être choisis non par les humains, mais par des algorithmes parfaitement informés.