Amsterdam a accueilli les grands noms de la finance pour le Money20/20 Europe, où les débats ont porté sur l’avenir des transactions internationales et de l’IA agentique.
Les acteurs majeurs du secteur financier, tels que Revolut, Swift et Thunes, se sont réunis pour discuter des transformations techniques et réglementaires qui redéfinissent les échanges internationaux. Les discussions finales ont mis l’accent sur la mise en œuvre pratique de cadres stratégiques, de protocoles de sécurité et de projets d’infrastructure souveraine pour faciliter des transactions en temps réel sans friction.
La redéfinition de l’identité pour les agents autonomes
L’émergence rapide d’agents IA autonomes capables de prendre des décisions financières complexes a rendu les cadres traditionnels de vérification d’identité obsolètes. Les panels sur les transactions machine-à-machine (M2M) ont souligné la nécessité de transformations réglementaires et structurelles pour gérer ces écosystèmes automatisés. Le modèle traditionnel de connaissance du client (KYC), conçu pour des relations humaines statiques, a été jugé inadapté à l’économie des machines.
Pour résoudre ce problème, les intervenants ont proposé un modèle en quatre couches de connaissance des agents (KYX). Ce système hiérarchique permet à un utilisateur humain d’autoriser un contrôleur d’entreprise, qui gère et audite dynamiquement un pool localisé d’agents autonomes. Les développeurs ont insisté sur la valeur commerciale de cette économie agentique, qui réside principalement dans l’infrastructure de confiance, incluant les couches d’audit, les registres de transactions et les interrupteurs matériels.
Lorikeet a présenté son nouveau moteur de simulation de conformité, soulignant les défis techniques du déploiement de systèmes automatisés dans des environnements réglementés. Robbie Tilleard, directeur général pour l’EMEA chez Lorikeet, a expliqué que bien que démontrer un agent soit simple, vérifier son comportement dans des milliers de cas d’exception reste le principal défi. Les cadres de simulation permettent désormais aux institutions financières de tester des milliers de scénarios en un après-midi, assurant ainsi les garde-fous nécessaires avant l’exécution en direct.
L’obtention de licences bancaires et l’échelle transfrontalière
La transition des néobanques digitales vers des institutions financières primaires a été un point clé de l’événement. Les dirigeants ont évalué les paramètres stratégiques pour obtenir une licence bancaire complète au Royaume-Uni, leur permettant de rivaliser avec les acteurs établis. Francesca Carlesi, directrice générale de Revolut au Royaume-Uni, a identifié trois moteurs critiques pour cette poursuite stratégique : l’élimination des frictions produit pour permettre des offres complètes aux consommateurs, l’établissement d’une licence réglementaire représentant un standard mondial et l’atteinte de la parité sous une surveillance réglementaire intense pour atténuer les biais de perception des consommateurs.
Cependant, le chemin réglementaire vers une échelle internationale reste fragmenté selon les juridictions. Bien que les marchés européens bénéficient du cadre du marché unique, l’expansion dans différents environnements bancaires nationaux présente encore des complexités opérationnelles. Pour contourner les schémas de cartes internationales traditionnels, des réseaux d’infrastructure alternatifs gagnent en popularité. L’initiative européenne de paiement (EPI) a vu des banques digitales majeures intégrer son compte Wero de paiement instantané compte-à-compte (A2A). Opérant sur les marchés régionaux, ce réseau A2A évite les frais d’interchange traditionnels pour offrir des avantages de coûts directs aux livres de comptes des commerçants.
L’optimisation de la liquidité de trésorerie par la tokenisation
L’opérationnalisation des actifs numériques a clairement évolué de la spéculation vers la gestion institutionnelle de la liquidité. Les fournisseurs d’infrastructure financière ont évalué le développement parallèle des stablecoins, des dépôts tokenisés et des monnaies numériques de banque centrale (CBDC). Thomas Dugauquier de Swift a souligné que les dépôts tokenisés représentent une opportunité macroéconomique majeure, libérant d’énormes liquidités actuellement bloquées dans des systèmes de règlement obsolètes. Il a ajouté que, sous des réglementations robustes, les dépôts tokenisés offrent une confiance native de valeur de stockage sans les fardeaux de collatéralisation privée.
Iana Dimitrova, PDG d’OpenPayd, a mis en avant le déploiement réussi d’une architecture en sandwich de stablecoin. Dans les applications pratiques, ce cadre convertit la monnaie fiduciaire en stablecoin.
Les discussions du Money20/20 Europe ont révélé une industrie financière en pleine mutation, où l’innovation technique et la conformité réglementaire doivent aller de pair pour façonner l’avenir des transactions internationales.