Les budgets logiciels des entreprises ne baissent pas, malgré les prédictions catastrophistes. Gartner anticipe même une dépense mondiale de 1,43 billion de dollars en 2026, soit une hausse de plus de 15 % par rapport à l’année précédente. Ce qui change, c’est l’exigence des acheteurs : les éditeurs de SaaS doivent s’adapter ou disparaître.

Une remise en question des engagements longs

Les engagements de trois ans sur des plateformes logicielles perdaient déjà en pertinence avant l’essor de l’IA. Aujourd’hui, avec des modèles qui évoluent tous les six mois, verrouiller une entreprise dans la feuille de route d’un éditeur semble déraisonnable. Les CFO exigent désormais une flexibilité accrue : la possibilité d’adopter puis de remplacer des fonctionnalités IA sans tout reconstruire.

Les nouvelles attentes des acheteurs

Les entreprises veulent des outils conçus pour fonctionner dans un environnement agentique, avec des API robustes, une gestion fine des permissions et une véritable portabilité des données. Elles cherchent aussi à éviter les solutions trop basiques, celles qu’un développeur pourrait reproduire en un week-end. À chaque renouvellement de contrat, trois questions reviennent : quelle valeur ajoutée réelle ? Quelle intégration avec l’existant ? Quel coût de sortie ?

La pression des coûts, un prétexte commode

Si les CFO ont toujours voulu rationaliser leurs stacks logicielles, l’IA leur offre aujourd’hui un argument supplémentaire. Les entreprises utilisent en moyenne 660 applications SaaS, avec des dépenses par application qui continuent d’augmenter. La vraie problématique vient de l’explosion du nombre d’outils, héritage des années “essayons tout”.

Vers de nouveaux modèles de tarification

Les modèles basés sur le nombre d’utilisateurs deviennent obsolètes quand des agents automatisent des workflows. Les éditeurs expérimentent des tarifications par conversation, par tâche ou hybrides, mais aucune solution n’a encore fait ses preuves. Les promesses des vendeurs doivent être prises avec prudence.

L’IA et les interfaces traditionnelles

Contrairement aux discours ambiants, personne ne laisse un agent autonome agir librement dans un environnement SAP critique. La vraie question est plutôt : le logiciel fournit-il à l’agent le contexte nécessaire pour agir en sécurité ? Apporte-t-il une valeur qu’un agent ne pourrait obtenir seul ?

Le défi SAP de 2027

L’écosystème SAP doit faire face à une transition majeure : la fin du support standard pour Solution Manager et d’autres outils en 2027. Cette migration forcée vers des solutions cloud-native offre une opportunité de consolidation des outils opérationnels.

L’industrie du SaaS traverse une période de profonde transformation. Les éditeurs qui comprendront ces nouvelles exigences prospéreront, tandis que les autres risquent d’être absorbés par des plateformes plus agiles.