La tokenisation des actifs réels vient de franchir un seuil symbolique : 100 milliards de dollars. Dans ce contexte, Murex et Quant annoncent un partenariat stratégique qui pourrait redéfinir l’infrastructure des marchés de capitaux.

Une révolution en marche

La tokenisation n’est plus une simple expérience. Des acteurs majeurs comme BlackRock, Franklin Templeton et JPMorgan ont déjà lancé des fonds tokenisés. La Bourse de New York prépare même une plateforme blockchain pour ces nouveaux instruments financiers. Six grandes banques britanniques testent actuellement des dépôts en sterling tokenisés sur l’infrastructure Quant. Pourtant, le véritable défi reste l’intégration de ces innovations avec les systèmes existants.

Le pont technologique

Ce partenariat entre Murex et Quant comble précisément cette lacune. Les institutions financières pourront désormais émettre, régler et gérer des dépôts tokenisés et des obligations numériques au sein de leurs systèmes actuels, sans avoir à construire des infrastructures parallèles coûteuses.

Gilbert Verdian, fondateur et CEO de Quant, souligne l’enjeu : « Les banques savent que la tokenisation est inévitable. Leur préoccupation majeure est d’y parvenir sans compromettre les décennies de travail investies dans la gestion des risques, la conformité et la résilience opérationnelle. » Solène Khy, responsable des actifs numériques chez Murex, ajoute : « Cette collaboration permet à nos clients d’intégrer ces nouvelles capacités sans réinventer leur infrastructure, avec une couverture complète des marchés traditionnels et décentralisés. »

Des solutions concrètes aux défis institutionnels

L’intégration offre plusieurs avancées majeures :

  1. Interopérabilité universelle : Grâce à Overledger de Quant, la plateforme MX.3 peut interagir simultanément avec plusieurs protocoles blockchain publics et privés via une seule couche d’intégration.

  2. Intégration opérationnelle : Les opérations sur actifs numériques s’exécutent de manière transparente au sein des workflows existants de MX.3 pour le trading, la gestion des risques et les rapports réglementaires.

  3. Logique programmable : Les fonctionnalités de smart contracts permettent des actions corporatives automatisées, des paiements conditionnels et des séquences de règlement complexes tout en respectant les contrôles institutionnels.

  4. Préparation réglementaire : Des traçabilités complètes, des contrôles de confidentialité et des exigences juridictionnelles spécifiques sont intégrés tout au long du cycle de vie des actifs tokenisés.

  5. Flexibilité de la conservation : Les institutions conservent une totale liberté dans leurs arrangements de conservation, avec des interfaces standardisées supportant plusieurs conservateurs et fournisseurs de portefeuilles.

Cette alliance marque une étape cruciale dans l’adoption des actifs numériques par les institutions financières, en offrant des solutions concrètes aux défis technologiques et réglementaires qui freinaient jusqu’ici leur déploiement à grande échelle.