Les cyberattaques se multiplient et gagnent en complexité dans la région META (Moyen-Orient, Turquie et Afrique) au premier semestre 2026. Selon le dernier rapport de Kaspersky, l’adoption accélérée de l’intelligence artificielle (IA) et les tensions géopolitiques alimentent cette hausse des cybermenaces, qui touchent désormais des millions d’utilisateurs.

Une région sous pression

Les systèmes de détection de Kaspersky ont bloqué 5,7 millions d’attaques en Afrique du Sud, 4,5 millions au Kenya et 1,6 million au Nigeria. La Turquie enregistre le taux d’utilisateurs affectés par des menaces web le plus élevé (22,8 %), suivie du Kenya (21,2 %) et du Qatar (19,3 %). L’Afrique du Sud (17,2 %) et le Nigeria (18,4 %) complètent ce classement. À l’inverse, l’Arabie Saoudite, la Jordanie et le Pakistan affichent les taux les plus bas de la région.

L’IA, nouvelle arme des cybercriminels

Les experts de Kaspersky observent une intégration croissante de l’IA dans les opérations des attaquants. Les grands modèles de langage génèrent désormais des emails de phishing, du code malveillant et même des modules fonctionnels. Cette tendance se confirme avec l’évolution des malware, capables de voler des données ou d’interférer avec les processus système. Le groupe FunkSec a ainsi déployé un malware en Rust, tandis que la campagne RevengeHotels de 2025 a utilisé des modèles linguistiques pour créer du code infectieux.

Sergey Lozhkin, responsable de l’équipe GReAT pour les régions APAC et META, souligne que « l’IA accélère les opérations des attaquants en réduisant les coûts et les délais de développement. Les défenseurs doivent s’attendre à des changements rapides dans les tactiques employées ».

Nouvelles tendances à surveiller

Plusieurs évolutions majeures émergent dans le paysage des cybermenaces :

  • L’évolution des malware : les modèles génératifs permettent de réécrire le code malveillant dans différentes architectures, le rendant plus difficile à détecter.
  • L’exfiltration de données via le cloud : les attaquants utilisent des services légitimes pour dissimuler leurs activités.
  • Les ransomwares ciblant les opérations : certains groupes perturbent directement les processus métiers pour forcer le paiement.
  • Les agents IA comme mécanismes de persistance : des solutions d’IA compromises pourraient exécuter des payloads à chaque démarrage.
  • Les compétences IA malveillantes : les attaquants exploitent les agents IA pour voler des données ou établir un accès persistant.

Face à ces menaces, Kaspersky recommande aux organisations de renforcer leur posture de sécurité par une gestion continue des vulnérabilités, des formations et l’adoption de solutions avancées comme Kaspersky Next.