Google fait diversion. Alors que Gemini 3.5 Pro accumule les retards, Sundar Pichai, son CEO, a préféré évoquer Gemini 4 et une future cadence de sorties mensuelles lors de l’appel trimestriel aux investisseurs. Une stratégie pour détourner l’attention d’un modèle phare qui peine à convaincre.
L’annonce de Gemini 3.5 Pro, promise pour juin après sa présentation lors de la conférence I/O, n’a toujours pas vu le jour. Selon Bloomberg, les performances en codage du modèle seraient insuffisantes face à la concurrence d’OpenAI et Anthropic. Pourtant, lors de l’appel aux investisseurs mercredi, Pichai a habilement esquivé les questions sur ce retard pour se projeter vers l’avenir.
Gemini 4 et une cadence accélérée Interrogé par Ross Sandler de Barclays sur la capacité de Google à rivaliser avec ses concurrents, Pichai a insisté sur une future cadence de sorties mensuelles. « Nous créons une base sur laquelle nous allons rapidement itérer avec des modèles successifs. Sortir des modèles presque chaque mois fait partie de notre feuille de route, tout en développant Gemini 4 », a-t-il déclaré. Une réponse qui contraste avec les inquiétudes des analystes.
Les CIO face à un dilemme Pour Bhupendra Chopra, chief revenue officer chez Kanerika, ces retards n’ont pas encore poussé les entreprises à quitter Google, mais rendent les CIO plus prudents. Sanchit Vir Gogia de Greyhound Research souligne que des mises à jour mensuelles impliqueraient pour les entreprises des investissements supplémentaires en tests, gouvernance et gestion de versions.
Pareekh Jain, analyste chez Pareekh Consulting, ajoute que les entreprises n’adopteront cette cadence accélérée que si chaque nouvelle version apporte des améliorations tangibles en performance, coût ou sécurité. Le vrai défi pour les CIO ne sera pas seulement de suivre le rythme, mais d’évaluer si chaque nouvelle version justifie son coût.
Google joue donc un jeu risqué : rassurer sur l’avenir tout en gérant les déceptions du présent. Reste à voir si Gemini 4 et cette promesse de mises à jour mensuelles suffiront à regagner la confiance des entreprises.