Chimoney, la plateforme de paiements transfrontaliers qui promettait de simplifier les transactions en 41 devises, met fin à ses activités. Fondée par Uchi Uchibeke, cette startup ambitieuse a échoué à percer malgré un produit fonctionnel et des partenariats stratégiques.

Un échec lié à la distribution

Lancée il y a quatre ans, Chimoney avait levé moins d’un million de dollars, un montant que son fondateur reconnaît aujourd’hui insuffisant pour ses ambitions. « Le produit marchait, mais la distribution a été notre talon d’Achille », confie Uchibeke. La startup, qui comptait des centaines de clients en Amérique du Nord, en Afrique et en Amérique latine, a peiné à se faire connaître malgré ses innovations.

Une technologie de pointe, mais des coûts prohibitifs

Chimoney avait développé une API unifiée pour les paiements transfrontaliers, intégrant virements bancaires, mobile money, stablecoins et le protocole Interledger. La startup avait également obtenu des licences prestigieuses, dont une autorisation de fournisseur de services de paiement (PSP) auprès de la Banque du Canada, l’une des premières sous le nouveau régime RPAA. Pourtant, les coûts réglementaires et d’audit dans plusieurs juridictions ont fini par rendre le modèle insoutenable.

Une fermeture ordonnée

Uchibeke a exploré des alternatives stratégiques avant de décider de fermer Chimoney. « Aucune offre ne valait la peine de poursuivre », explique-t-il. Les clients ont été informés en avril, et tous les soldes de portefeuille seront remboursés d’ici août 2026. Les développeurs utilisant l’API bénéficieront de guides de migration.

Leçons pour les entrepreneurs

Uchibeke conserve l’entité corporate et la licence PSP, qu’il juge précieuse. Son conseil aux autres fondateurs est sans détour : « Soit lever suffisamment de fonds, soit bootstraper avec un marché rentable. J’ai tenté les deux sans succès. » Il se consacre désormais à APort, une nouvelle entreprise axée sur l’autorisation pré-action pour les agents IA.

Un héritage technologique

Chimoney laisse derrière elle une licence PSP difficile à obtenir et un protocole Interledger pionnier. Son échec rappelle les défis persistants des fintechs dans un paysage réglementaire complexe et concurrentiel.