Anthropic vient de franchir une étape cruciale dans la traçabilité des contenus générés par l’IA. À partir du 2 août, tous les textes produits par ses modèles Claude récents intègrent désormais des filigranes invisibles, une mesure déployée à l’échelle mondiale pour anticiper les exigences du règlement européen sur l’IA.
Ces marqueurs imperceptibles, ajoutés au niveau des modèles, accompagnent le texte même après copier-coller et résistent à certaines modifications. Anthropic précise que ces filigranes ne modifient ni le sens ni la lisibilité du contenu. Le géant technologique, signataire du Code de conduite européen sur les contenus générés par l’IA, applique cette solution bien au-delà des frontières de l’Union européenne.
Une technologie déployée sur tous les fronts
Le système couvre l’ensemble des produits Claude : l’application mobile, l’API, Claude Code, Claude Cowork et Claude Tag. Les clients utilisant ces modèles via AWS, Google Cloud ou Microsoft Foundry bénéficieront également de cette protection. Pour les fichiers, Anthropic adopte une approche différente : les formats supportés (y compris les images) recevront des métadonnées de provenance signées selon la norme C2PA, plutôt qu’un filigrane intégré.
Les versions antérieures de Claude ne sont pas encore concernées, mais Anthropic travaille à l’extension de cette fonctionnalité pendant la période de transition du règlement européen. La société met en garde : des opérations comme l’édition lourde, la paraphrase ou la traduction peuvent rendre le filigrane indétectable. Elle souligne aussi que la détection d’un filigrane ne prouve pas nécessairement que le texte a été entièrement généré par Claude, car des activités comme la relecture ou la traduction de contenus existants peuvent également laisser une trace.
Une tendance qui s’impose dans l’industrie
Anthropic n’est pas un cas isolé. En 2024, Google DeepMind avait annoncé l’intégration de filigranes pour les textes et vidéos produits via Gemini, utilisant sa technologie SynthID. Cette solution s’ajoutait à une version pour les images lancée en 2023.
Dans un contexte de régulation croissante, ces innovations technologiques pourraient bien devenir la norme pour garantir l’authenticité des contenus numériques.