L’agent AI de Salesforce, Agentforce, peine à convaincre les entreprises. Selon une récente analyse de KeyBanc Capital Markets, le produit souffre d’un manque de traction client, malgré les efforts soutenus du géant américain pour en faire sa plateforme IA phare.
Un produit encore loin des attentes
Les retours d’expérience recueillis par KeyBanc sont sans ambiguïté : Agentforce, lancé il y a près de deux ans, ne répond pas encore aux attentes. Les conversations avec les clients et partenaires révèlent deux problèmes majeurs : la qualité des données disponibles pour l’IA, et surtout, le manque de maturité du produit lui-même. Les preuves de concept (PoC) commencent seulement à générer des opportunités commerciales, un signe inquiétant pour Salesforce.
Un modèle de pricing sous pression
Le modèle de consommation flexible, Headless 360, destiné à élargir les cas d’usage au-delà du CRM traditionnel, suscite des inquiétudes. Les analystes pointent un manque de prévisibilité dans les coûts, ce qui complique la planification budgétaire des DSI. Bhupendra Chopra, CRO de Kanerika, souligne que trois changements de modèle tarifaire en 18 mois créent une incertitude chez les acheteurs.
La data, talon d’Achille de l’adoption
L’efficacité d’Agentforce repose sur la qualité des données. Sans une infrastructure unifiée et fiable via Data Cloud, les résultats restent aléatoires. Sanchit Vir Gogia de Greyhound Research souligne que le modèle actuel, facturant les interactions IA sans garantie de ROI, freine l’adoption. Gaurav Parab de NelsonHall ajoute que les entreprises exigent désormais des preuves tangibles avant tout déploiement à grande échelle.
Perspectives incertaines
Alors que Salesforce mise sur Agentforce pour dominer le marché de l’IA d’entreprise, les défis s’accumulent. Entre un produit encore immature, des coûts imprévisibles et des exigences data lourdes, le chemin vers la maturité semble semé d’embûches. Les DSI attendent des signes concrets avant de s’engager pleinement.