Adaptive Atelier, une startup nigériane basée à Lagos et Londres, est en train de redéfinir l’accessibilité des produits numériques pour les personnes handicapées. Fondée en 2024 par Toyosi Badejo-Okusanya, l’entreprise propose une infrastructure technologique complète pour identifier, corriger et valider les solutions d’accessibilité.
Une approche holistique de l’accessibilité
Le cœur de l’offre d’Adaptive Atelier repose sur trois produits interconnectés : AdaptiveTest, un scanner alimenté par l’IA qui évalue la conformité des sites web aux normes WCAG ; AdaptiveWiz, une API d’accessibilité intégrée à Shopify et WordPress, permettant aux utilisateurs handicapés de personnaliser leur expérience numérique ; et AdaptiveAlly, une marketplace qui met en relation les entreprises avec des professionnels handicapés pour tester l’efficacité des solutions proposées.
« AdaptiveTest identifie le problème, AdaptiveWiz aide à le résoudre, et AdaptiveAlly valide l’efficacité de la solution pour un utilisateur handicapé réel », explique Toyosi Badejo-Okusanya. Cette approche fermée, combinant détection automatisée, remédiation et validation par des experts, comble un écart majeur dans le marché actuel.
Un marché fragmenté en quête de solutions intégrées
Le secteur de l’accessibilité numérique est aujourd’hui morcelé entre les scanners automatisés, les widgets rapides mais limités, et les consultances traditionnelles offrant une expertise approfondie mais peu de technologie propriétaire. Adaptive Atelier se positionne comme un acteur hybride, alliant l’intelligence artificielle et l’expérience vécue des professionnels handicapés.
Avec une communauté de plus de 13 000 experts et défenseurs des droits des personnes handicapées, ainsi que 50 000 visites organiques mensuelles sur son site web, la startup dispose d’une solide base pour son marketplace AdaptiveAlly. Elle a déjà établi des relations avec des acteurs majeurs comme L’Oréal, SignHealth, Channel 4 et Phonak.
Un modèle économique basé sur l’engagement client
Adaptive Atelier génère des revenus via des abonnements pour AdaptiveWiz, des audits sur mesure pour AdaptiveTest, et une commission sur les transactions de la marketplace. « Les entreprises commencent généralement par un audit AdaptiveTest, ce qui ouvre la voie à l’adoption d’AdaptiveWiz pour les corrections continues et d’AdaptiveAlly pour la validation », précise Badejo-Okusanya.
La startup, actuellement en phase de levée de fonds pour un montant de 250 000 dollars, vise à renforcer ses capacités techniques et son déploiement commercial. Elle bénéficie déjà du soutien de programmes d’accélération comme le Women in Tech Accelerator Nigeria et le Synergies Work Igniting Ideas Business Accelerator aux États-Unis.
Défis et perspectives d’avenir
Malgré son succès croissant, Adaptive Atelier a dû faire face à des défis techniques et commerciaux. Des retards dans la livraison des produits ont nécessité une refonte partielle de la feuille de route technique. « Nous avons appris à privilégier les tests internes rigoureux avant toute déclaration externe », souligne Badejo-Okusanya.
La sensibilisation du marché reste un enjeu majeur, beaucoup d’entreprises voyant encore l’accessibilité comme une contrainte réglementaire plutôt qu’une opportunité commerciale. La startup doit également arbitrer entre les marchés africains et occidentaux, où les réglementations comme l’European Accessibility Act créent une urgence pour les acheteurs d’entreprise.
Avec son approche innovante et sa vision claire, Adaptive Atelier est bien positionnée pour devenir un acteur clé de l’accessibilité numérique à l’échelle mondiale.